Photo Everything is temporary
© Georges Hauchard Heutte
DANSE & MUSIQUE LIVE
  • Tue 22 February 19h00

EVERYTHING IS TEMPORARY

Deuxième volet d'une forme déjà initiée dans home, Everything is temporary interroge notre rapport sensible au temps, par l'engagement des corps dans un intense cut-up physique et sonore.
Les rythmes corporels et musicaux cherchent à défier les codes de la danse contemporaine en puisant leur inspiration dans les origines du hip-hop. Les quatre interprètes explorent une chorégraphie dynamique qui s'apparente à la pulsation du concert live.
Les mouvements se développent, tels une partition cinématographique composée de séquences décalées, immobiles et accélérées, inscrivant la pièce dans une temporalité particulière. Conçu comme une traversée nocturne collective où danse et musique live se répondent, Everything is temporary offre aux spectateurs une énergie débordante et jubilatoire à la croisée du spectacle et du concert.

Entretien avec Paul Changarnier | réalisation Maryse Bunel Relikto Magazine & Agenda culturel normand

Paul Changarnier a grandi à Saint Valery en Caux. Il a appris la musique à Saint Valery en Caux aussi. Revenir quelques années plus tard, après une formation au conservatoire national supérieur de musique et de danse à Lyon, quelques prix internationaux et plusieurs projets artistiques, au Rayon Vert procure de vive émotions. Le percussionniste présente son nouveau spectacle, Everything is tempory, mardi 22 février 2022.

La musique, comme une évidence

Paul Changarnier a toujours voulu être musicien. Le percussionniste s’en souvient encore. Il avait alors entre 5 et 6 ans. « Il restait à convaincre mes parents ». Il y est parvenu puisqu’il mène depuis quelques années une carrière d’artiste aux multiples projets pluridisciplinaires. Tout a commencé à l’école de musique de Saint Valery en Caux. « C’est une chance d’avoir eu accès à un tel lieu à la campagne et d’avoir été accompagné jusqu’à 18 ans par Ronan Quélen. Il avait une grande exigence et m’a beaucoup apporté. Je passais mes mercredis après-midi à la médiathèque où j’écoutais des disques. Il m’avait dit : tu prends une musique que tu aimes pour te rassurer. Après, tu pioches au hasard. Tu écoutes et tu te demandes pourquoi tu aimes ou tu n’aimes pas. On en parlait à chaque fois au prochain cours. Je n’ai posé de barrières de style. Toutes ces musiques m’ont fait voyager. Quand j’écoutais du jazz, j’imaginais ces gars dans les clubs à New York, une ville que je ne connaissais pas ».

Autre lieu marquant pour Paul Changarnier : le Rayon Vert. Pour le musicien, cette salle est aussi « une chance. Quand j’étais à l’école, tous les concerts de fin d’année se déroulaient ici. J’ai joué dans le hall après les Percussions de Strasbourg ». Des souvenirs dans la salle, il en a des tas et ils restent très présents. Comme ce jour où il a compris le pouvoir de la musique. « Au lycée, j’étais dans un groupe de rock. Comme je ne faisais pas partie des plus grands, on ne me remarquait pas. Le lendemain du concert, je parlais avec tout le monde. Je me suis rendu compte que la musique peut ça aussi : changer le rapport avec les gens ».

Les percussions, comme un choc

La musique, oui mais avec quel instrument ? Paul Changarnier n’a pas tant hésité. Lorsqu’il est entré la première fois dans la salle de cours à l’école de musique, il a eu « un choc » devant les percussions. « J’aime le côté infini de ces instruments. Comme en cuisine, on est en perpétuelle recherche. On invente. On est sans cesse dans une évolution esthétique. Je ne trouve pas encore de limites. Il est possible de jouer avec un orchestre de musique de chambre et de composer une musique d’objets ».

La danse, comme une évolution

Pour Paul Changarnier, la danse faisait partie de lointains souvenirs. Le percussionniste avait bien en tête un spectacle d’Alain Platel, vu au Havre. C’est au conservatoire national supérieur de musique et de danse à Lyon que cette discipline artistique est venue se confronter à la musique. « Il y a eu un déclic. Ce fut, pour moi, une occasion de goûter à de nouvelles sensations », de rencontrer des chorégraphes, notamment Yuval Pick. « J’ai passé mon temps à écouter ce qu’il disait. Cet artiste écrit en direct. Il parle et reproduit ces paroles dans le corps ». Avec Maud Le Pladec, « ce fut une grosse aventure ». Avec la compagnie A/R, fondée avec Thomas Demay et Julia Moncia, Paul Changarnier tisse des liens entre la musique en live et la danse. De ce dialogue sont nés plusieurs spectacles, État des lieux, h o m e.

L’écriture, comme une suite logique

Musicien, danseur, chorégraphe et désormais auteur. Paul Changarnier embrasse diverses facettes de la création. « J’ai ressenti le besoin d’écrire, d’exprimer des choses par les mots et le corps. L’écriture reste une étape importante. C’est même vertigineux. Là, on ne se cache plus. Cela reste une partie de ce métier qui prend du temps. J’ai l’impression que l’on n’a jamais fini ». L’écriture et la conception d’un spectacle passent par plusieurs phases. « Quand on se lance, on est sûr de soi parce que l’on a réfléchi à son projet. Arrivent ensuite les résidences et cela ne fonctionne pas comme on a pu l’imaginer. Justement, les résidences sont essentielles pour prendre le temps, laisser mâturer les idées. Chaque création est une aventure, des sensations différentes ».

Durant le mois de juillet 2021, Paul Chargarnier est venu passer une semaine au Rayon Vert pour travailler avec sa compagnie A/R sur le prochain spectacle, présenté en février 2022. Everything is tempory, une pièce pour quatre interprètes qui mêle musique, hip-hop et spoken-word. Paul Changarnier vient arrêter le temps pour raconter la fragilité du monde

Productions +

Production Collectif A/R Coproduction Théâtre d’Aurillac Scène conventionnée, CCN de Rillieux-la-Pape, L’Esplanade du Lac -Divonne-les-Bains Soutien à la production CCN de Caen en Normandie - Dir. Alban Richard Soutien DRAC Auvergne - Rhône-Alpes, Ville de Lyon, Région Auvergne - Rhône-Alpes, Spedidam Accueils en résidence Théâtre d’Aurillac Scène conventionnée, Théâtre de Vanves Scène conventionnée, CCN de Rillieux-la-Pape , CCN de Caen en Normandie, L’Essieu du Batut, Murols, L’Esplanade du Lac -Divonne-les-Bains, Les Subs -Lyon, Pôle en Scènes - Pôle Pik, Bron, Théâtre Le Rayon Vert Scène conventionnée d'intérêt national Art en territoire -Saint Valery en Caux, Les Aires – Théâtre de Die et du Diois scène conventionnée Le Collectif A/R est soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes au titre de l'Aide à la structuration et d'un soutien exceptionnel dans le cadre du plan de relance 2021, par la Région Auvergne-Rhône-Alpes au titre de l'Aide aux équipes artistiques, par la Ville de Lyon au titre de l'Aide au fonctionnement. Création Septembre 2021 au Théâtre d’Aurillac dans le cadre de La Biennale de la danse de Lyon 2021.
Durée 1H
Tarifs B

10 ans +